LA BIODIVERSITE : QUEL AVENIR ? (Vincent NEIRINCK CNPM)

la-biodiverssiteLe terme de biodiversité a été usité à partir du sommet de la terre de RIO, en 1992. Ceci dit, la science de la diversité n’est pas neuve : en 1887, FORBES, naturaliste Américain, déclarait : « la sélection naturelle doit favoriser des rapports entre espèces, garantissant leur intérêt mutuel ». La biodiversité : un terme tellement vaste, issu d’un néologisme, regroupant 2 mots, biologie et diversité. Et la biodiversité, qui recoupe toutes les formes de vie sur terre (végétales, animales, humaines, bactéries…) se divise en trois niveaux :

– celui des systèmes écologiques, de leurs interactions (prairies, océans, montagnes, forêts…) : ils sont nos paysages, lesquels se composent de « tâches » (lacs, étangs…) et de « corridors » (chemins, haies, talus…)

– celui des espèces formant une communauté (dont l’espèce humaine !)

– celui des gènes possédés par l’ensemble des individus d’une espèce.

Au fait, comment définir une espèce ? Parmi tant, la plus couramment admise est celle « d’une population dont les individus peuvent potentiellement se reproduire entre eux » (Mayr/ 1942), espèces qui peuvent se voir rattacher des sous-espèces.

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Le répertoire des espèces

C’est le premier point d’achoppement entre tous les experts naturalistes : l’inventaire. Rien n’est simple : sur la terre, certaines zones sont moins « riches » en biodiversité, d’autres ne sont pas ou peu couvertes par des naturalistes, une « nouvelle » espèce peut avoir déjà été répertoriée… La France est très riche de par sa biodiversité : mers, paysages, sols… Depuis les premiers recensements de papillons (XVIIème siècle !), le répertoire des espèces s’est mieux structuré : des indices sont suivis par des observatoires mondiaux (IMOSEB), des experts. En 2010, environ 1.800.000 espèces sont répertoriées, 16.000 par an viennent s’ajouter. Certains spécialistes avancent que ce chiffre pourrait être estimé entre 80 et 100 millions d’espèces vivantes ! L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) joue un rôle essentiel : répertorier et aussi déclarer les espèces éteintes. Le Comité français, créé en 1992, regroupe 2 ministères, 8 organismes publics et 36 ONG. L’UICN se réfère plutôt à des espèces disparaissantes que disparues, car les estimations sont basées sur des critères sensibles : à quel taux, à quelle vitesse ? et les espèces « envahissantes », celles qui se déplacent, sur quels territoires ?

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 L’érosion de la biodiversité

Des espèces avaient déjà disparu, 5 « crises de biodiversité » se seraient déjà produites, pour des origines diverses : éruptions volcaniques, chutes d’astéroïdes, entrainant des extinctions complètes ou partielles. Et les experts sont tous d’accord, l’érosion s’est accélérée depuis quelques décennies, sur plus de la moitié de la planète, et l’activité humaine en est en grande partie responsable : urbanisation, fragmentation des habitats, agriculture intensive, déforestation… Tous les indicateurs confortent la liste rouge des espèces menacées (végétales, animales…) tenue par l’UICN, comme les baleines, les bisons d’Europe, les récifs coralliens, l’Androcase des Alpes.

N’oublions pas que la biodiversité (présente aussi dans le milieu urbain) nous apporte l’oxygène, le bois, l’eau…. ! La stratégie nationale du Comité français de l’UICN, définie en 2004, travaille sur 10 secteurs, dont l’agriculture, la forêt, l’urbanisme, le tourisme, la mer. On peut s’étonner que la montagne ne soit pas l’un des secteurs, tant la biodiversité y est riche, et menacée ! Les espaces naturels protégés en France augmentent, pour autant, toutes ces actions sont encore insuffisantes.

Car la biodiversité et son avenir nous concerne chacun, par notre regard, notre respect et nos relations entretenues de par nos activités humaines. Réf : www.UICN.fr Patrick Blandin / Biodiversité : l’avenir du vivant Jean Charles FOUGERI, Membre de la CNPM

 DTA OU DTADD ? LE PARLEMENT A TRANCHE !

llm25bLe 29 juin 2010, l’Assemblée nationale adoptait la loi « Grenelle 2 », officiellement dénommée « loi portant engagement national pour l’environnement ». Le Sénat avait validé le texte quelques jours plus tôt, dans la foulée d’une commission mixte paritaire au cours de laquelle députés et sénateurs se sont entendus : les Directives territoriales d’aménagement (DTA) non adoptées au moment de la promulgation de la loi « Grenelle 2 » deviendront des Directives territoriales d’aménagement et de développement durable (DTADD). L’ajout de ces deux lettres n’est par neutre : si les DTA sont « opposables », c’est-à-dire qu’elles s’imposent aux documents d’urbanisme de rang inférieur (Schémas de cohérence territoriaux et Plans locaux d’urbanisme), qui doivent lui être conformes, ce n’est plus le cas des DTADD, dont on peut craindre qu’elles ne rejoignent très vite la liste déjà longue des chartes et autres engagements sans effets réels. Cette mesure n’a été prise que pour le cas particulier des Alpes du nord, seul endroit en France où une DTA est en cours d’élaboration.

Pourtant, associations de protection de l’environnement, monde agricole, Région Rhône-Alpes (concernée au premier chef !), défendaient pour ce massif la nécessité d’un cadrage contraignant, vraie chance de passer d’une « économie de stations » à une « économie de montagne » pour laquelle les seuls nombres de kilomètres de piste ou « d’enneigeurs » ne seront plus les seules références de qualité ! Une DTA opposable avait également les faveurs de l’Autorité environnementale (AE), l’instance d’évaluations des études d’impacts environnementaux.

Cette décision du parlement est d’autant plus surprenante que le processus d’élaboration de la DTA des Alpes du nord était déjà très avancé : l’enquête publique est close depuis le 21 mai dernier et l’on attend incessamment le rapport des commissaires- enquêteurs. Qui n’aura maintenant plus grand intérêt…

Les Alpes du nord viennent de perdre l’outil qui aurait, enfin, permis de garantir la préservation des grands équilibres voulue par la loi Montagne. Vincent Neirinck juillet 2010

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