Assemblée générale FFCAM 2017 – nouvelle olympiade

Samedi 28 janvier, lors de la 144ème Assemblée générale de la FFCAM (Fédération française des clubs alpins et de montagne), organisée par le Club alpin de Lyon-Villeurbanne au sein de l’Ecole Normale supérieure de Lyon (Rhône), Nicolas Raynaud – initiateur, avec Bénédicte Cazanave, Marie-Laure Tanon et Philippe Latapie du projet « L’esprit Club alpin – Horizon 2020 » –, a été élu président de la fédération.

280 délégués étaient présents. Conformément aux nouveaux statuts fédéraux, ces élections se déroulaient pour la première fois sur la base d’un projet fédéral pour la nouvelle olympiade 2017-2020 et d’un scrutin de liste. Cette Assemblée générale a été marquée par une forte participation, puisque les délégués représentaient 83,23% des voix.

Deux projets étaient en lice :
« L’esprit Club alpin – Horizon 2020 »
« Un nouveau souffle pour le CAF »

La liste « L’esprit club alpin – Horizon 2020 » a recueilli 91,88% des suffrages exprimés.

Elaboré collectivement, ce projet a pour objectif de relever les défis liés aux évolutions de la société et des comportements, ainsi qu’au changement climatique. Il s’organise autour de trois axes :
– améliorer l’influence de la FFCAM dans tous les domaines de la montagne (sport et activités, résidents et pratiquants de montagne, protection du milieu naturel) ;
– augmenter la force d’attraction de la FFCAM auprès des pratiquants de montagne et de haute montagne ;
– mettre en place pour les 125 hébergements de la FFCAM un modèle économique plus conforme aux besoins et mieux accepté par l’ensemble des acteurs contribuant à leur rénovation et à leur entretien.

Né à Grenoble en 1971, Nicolas Raynaud a longtemps habité Lyon, où il a fait ses études (voir l’entretien ci-joint). Agrégé de mathématiques, ce passionné d’opéra et de polars nordiques est aujourd’hui coordonnateur d’une section biqualification montagne au lycée de Moutiers (Savoie). Adhérent de la FFCAM depuis 25 ans, pratiquant notamment l’alpinisme, le ski de randonnée et l’escalade, il était vice-président aux activités et au développement de la FFCAM depuis 2009. “J’ai découvert la montagne grâce à mes parents, tous deux instituteurs et moniteurs de colonies de vacances auxquels je dois tout. Le bénévolat est une seconde nature pour moi. Je conjugue la montagne dans toutes les facettes de ma vie : à travers ma pratique des sports de montagne, dans mon engagement associatif à la FFCAM ainsi que dans mon métier.” 

Voici la composition du nouveau comité directeur national :
Marité Bertrand, Christian Biard, Marinette Bondoux, Pierre Bouzat (médecin fédéral), Bénédicte Cazanave, Eric Dellacasa, Hélène Denis, Marie-France Echalier, Nicolas Gamby, Alexandra Genesty, Yann Gerome (sportif de haut niveau), Jean-François Grandidier, Bernard Huyghe, Philippe Latapie, Claire Ledent, Etienne Libert, Virginie Lolies-Lamarque, Rémy Mullot, Jacques Piétu, Nicolas Raynaud, Anne-Marie Reboulet, Marie-Laure Tanon.

La FFCAM en mots et en chiffres :
92 600 licences (dont 20 % de jeunes de moins de 25 ans).
380 clubs et 60 comités territoriaux repartis dans la France entière.
7 400 bénévoles.
4 grandes missions :
– développer la pratique de l’ensemble des activités de nature liées à la montagne ;
– assurer, avec l’aide de professionnels, les programmes de formation et de sécurité ; – gérer, entretenir et rénover 125 refuges et chalets de montagne ;
– préserver et valoriser le milieu montagnard ;
– explorer les dimensions culturelle et scientifique de la montagne.

Contact presse : Alternative Media – Alexandre Bérard – Tél : 06 08 61 36 97 – Email : alex@alternativemedia.fr

Entretien avec Nicolas Raynaud. 

Nicolas Raynaud : « La filiation montagne »

Agrégé de mathématiques, passionné d’opéra et de polars Nordiques, Nicolas Raynaud vient d’être élu, à 45 ans, président de la Fédération française des clubs alpins et de montagne, dont la 144ème Assemblée générale se tenait les 28 et 29 janvier 2017 à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Vous avez grandi entre deux villes emblématiques de Rhône-Alpes : Grenoble et Lyon ?

Je suis né à Grenoble en 1971, mais j’ai vécu de nombreuses années à Lyon où j’ai fait mes études. C’était très émouvant pour moi de revenir dans l’enceinte de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, où j’ai suivi de nombreux cours… Cela représente beaucoup de choses pour moi de devenir président de la fédération dans ces lieux chargés de souvenirs…

Comment avez-vous découvert la montagne ?

Grâce à mes parents, auxquels je dois tout. Ils étaient tous deux instituteurs et moniteurs de colos avec des ados de la ville de Lyon : ils m’ont fait très tôt découvrir la randonnée en moyenne montagne, les actions collectives, le ski de fond, le gout de l’effort, du plein air et de l’aventure. Parmi mes premiers souvenirs de montagne, je garde en mémoire la nuit passée au refuge (FFCAM) de l’Etendard, alors que j’avais cinq ans. C’était merveilleux surtout pour aller chercher des cristaux le long des lacs ! Je pratique aujourd’hui la randonnée, l’alpinisme, le ski de randonnée, l’escalade et, de temps en temps le canyon, la spéléo ou encore le vélo. J’ai toujours le sentiment, quand je suis en montagne, de suivre les traces de mes parents, de mettre mes pas dans les leurs…

Quel est votre parcours au sein de la FFCAM ?

Des amis à mes parents m’on initié à la haute montagne quand j’avais 15-16 ans. J’ai tout de suite accroché ! Lors de l’ascension du Pelvoux par les Rochers Rouges, peu de temps après, je me suis fait peur. J’ai réalisé que j’avais pris de gros risques et ça a été un déclic pour moi : il fallait vite me former aux techniques de montagne… J’ai poussé la porte de l’UCPA puis – il y a tout juste 25 ans de cela – celle du Club alpin de Lyon. Tout s’est enchainé alors. Dès ma première sortie (un raid Chamonix Zermatt), j’ai été nommé responsable de cordée et cela a continué. Le bénévolat est devenu une seconde nature pour moi. J’ai par la suite intégré la commission nationale des sports de neige, le comité directeur national et, en 2009, je suis devenu Vice-président aux activités et au développement.

La montagne est une passion mais aussi un métier pour vous…

Je conjugue la montagne dans toutes les facettes de ma vie : à travers ma pratique des sports de montagne, dans mon engagement associatif à la FFCAM ainsi que dans mon métier. Après avoir enseigné à Grenoble, je suis aujourd’hui coordonnateur d’une section biqualification montagne au lycée de Moutiers (Savoie). La transmission de la culture montagne aux plus jeunes est particulièrement importante à mes yeux. J’ai hérité de mes parents cette double fibre, montagnarde et pédagogique. La montagne, où je passe près de 200 jours par an, est au coeur de ma vie ! J’habite d’ailleurs depuis 18 ans en Tarentaise et depuis 10 ans dans la vallée des Belleville, où je peux me ressourcer.

Certains livres ont beaucoup compté dans votre amour de la montagne…

J’ai lu avec passion les textes de Lionel Terray et Louis Lachenal. J’ai une affection particulière pour Samivel, dont je relis régulièrement L’amateur d’abîmes. Je me suis totalement retrouvé dans ce livre décalé et poétique qui traduit les sentiments qui se bousculent dans la tête des alpinistes, quand ils s’élancent sur la pente, à la frontale, au petit matin. Samivel met en scène l’étonnant opéra montagnard produit par le vent et les cailloux…

Vous êtes justement un grand amateur d’opéra ?

J’aime tous les spectacles vivants (danse, théâtre), mais j’ai une passion particulière pour l’art lyrique, en particulier « La Tosca » de Puccini et « La Traviata » de Verdi. Je ressens le même frisson chaque fois que j’entends ces airs… Je suis également grand lecteur de polars et de romans noirs, notamment les auteurs Nordiques comme Henning Mankell et Arnaldur Indridason…

Vous avez une formation de mathématicien : science et montagne se concilient bien ? La montagne est un univers aux multiples facettes qui se concilie avec pas mal de choses. La pratique de la montagne, à travers notamment la cartographie-orientation et la nivologie, a une dimension scientifique qui ne me déplait pas…